02.12.2007

Politique de la ville : oui à la jeunesse, non à la voyoucratie !

Deux événements tragiques ont replacé il y a quelques jours ce que nous appelons communément la « politique de la ville » sur le devant de la scène politique française : la mort accidentelle à Villiers-le-Bel, de deux jeunes mineurs circulant, sans casque, sur une moto-cross non homologuée pour la circulation sur route, et les scènes d’émeutes d’une violence inouïe dont la « consécration » consista pour les émeutiers à tirer à balles réelles sur des fonctionnaires de police…

Nombreux sont ceux, qui plutôt à gauche il faut bien le reconnaître, ont tenter de récupérer et d’instrumentaliser, et ce dans les meilleurs délais, un banal accident de la route, à des fins bassement partisane. Alors chacun y alla de son couplet pour dénoncer les diminution de crédits alloués à la politique de la ville, les promesses gouvernementales non tenues, de droite de préférence, et de tirer l’hâtive conclusion qui s’impose à tous : la faillite de notre politique de la ville et la marginalisation de la jeunesse française.

Rassurez vous il n’en est bien évidemment rien. J’en veux pour preuve, l’augmentation régulière des crédits consacrés à la politique de la ville, qui ont doublé depuis 2001 et représentent 1 232 Millions d’€uros en autorisations d’engagement et 1 085 Millions d’€uros en crédits de paiement, soit, le meilleur budget depuis la mise en place de cette politique par la Circulaire « barres et tours » du 21 mars 1973 relative aux formes d’urbanisation dites « grands ensembles » et à la lutte contre la ségrégation sociale par l’habitat. Le Val d’Oise n’est pas en reste puisque cette année, 2 283 801 €uros sont venus, à cet effet, complétés l’enveloppe budgétaire de notre département.

Tous ces millions, qui sont rappelons-le, le fruit de nos impôts, de notre travail tant collectif qu’individuel, permettent d’aider les jeunes en difficultés à étudier, de financer nos associations, de mener des actions de prévention, de médiation et de développement social, dans le cadre des contrats de ville, de financer des postes d’adulte-relais, de développer les projets de réussite éducative et de procéder à des exonérations de charges patronales dans les zones franches urbaines.

Alors oui messieurs les démagogues, l’argent investi dans nos banlieues ne règlera pas tout. Oui, messieurs les donneurs de leçon, il y a encore trop de jeunes qui souffrent dans nos quartiers. Mais comme le Président de la République l’a réaffirmé ce jeudi : « Ce qui s’est passé à Villers-le-Bel n’a rien à voir avec une crise sociale, cela à tout à voir avec la voyoucratie…La réponse aux émeutes, ce n’est pas plus d’argent encore sur le dos des contribuables, c’est l’arrestation des émeutiers ! »

Sébastien MENARD
Responsable Départemental des Jeunes UMP du Val d’Oise
Président du Conseil Régional des Jeunes UMP d’Ile-de-France

25.11.2007

Tuer la "grévitude" !

Même si le droit de grève est inscrit dans nos institutions, ce que nul ne conteste, trop de grèves tuent la grève. Bien sûr, à coté des revendications qui peuvent être légitimes, le côté révolutionnaire revanchard persiste dans certains esprits. Il est dissimulé, le plus souvent, derrière ce coté franchouillard, festif et folklorique des manifestations de rue.

Mais qui paie les pots cassés, si ce n’est la croissance économique c’est à dire ceux qui se lèvent tôt le matin et travaillent pour les autres. Nous Français, sommes en la matière la risée de nos partenaires et concurrents. Comme les 35 heures, la grève de 1968 qui a paralysé l’ensemble du pays pendant plusieurs et longues semaines ne s’est pas exportée. On se souvient du résultat, une massive contre-manifestation, la droite a gagné largement les élections et la France s’est remise au travail, mais à quel prix. Heureusement la croissance était générale, ce n’est plus le cas.

Ces derniers jours, le scénario n’était pas loin de se reproduire, la contre-manifestation était dans le souhait de beaucoup de Français, les principaux syndicats, même la CGT, ne l’ont pas sous-estimé. Les cheminots ont repris progressivement le travail, les négociations se sont ouvertes, non pas en globalité des régimes sociaux, mais branches par branches, comme le voulait le gouvernement.

Contrairement aux grèves des services publics en général, et particulièrement celle de 1995 qui a consacré la mort politique d’Alain Juppé, la dernière grève des cheminots n’a pas su trouver la sympathie de la population, bien au contraire. Jour après jour, les Français ont montré avec constance leur rejet de cette revendication totalement injuste et indéfendable. Pour une fois, et à l’opposé du caractère frivole qui leur est attribué, ils n’ont pas dérivé par rapport à leur vote des élections du printemps dernier, la majorité silencieuse est toujours derrière Nicolas Sarkozy.

Le Président de la République est rusé, malin comme un renard, il l’a jouée et il a gagné cette manche. Son exceptionnelle discrétion était de mise, sinon il risquait de se marquer très à droite, comme madame Thatcher dont il a bien adopté la finesse de stratégie, sans pour autant mettre fin à ses tentatives d’ouverture qui déstabilisent une gauche PS en pleine déconfiture. Au fait, où était-elle ces derniers jours ? Pour une fois il a laissé, en la personne de Xavier Bertrand, un ministre monter au créneau, et il a bien fait. Xavier Bertrand a été excellent dans sa fermeté et dans son coté également déterminé, compétent et sympathique.

La réforme est difficile et pourtant elle est vitale. Les syndicats jouent sur les avantages acquis. Il ne voient pas que les autres pays se réforment pour continuer à exister, l’avenir ce n’est pas leur souci. En tenant tête, sur les bases des engagements électoraux, le gouvernement, en ne lâchant que 90 millions d’euros a réussi à ramener les syndicats autour de la table, les points fondamentaux étant non négociables. La fermeté, la conviction, la fidélité aux engagements sont les bases d’une action politique vraie. Merci Nicolas.

François LONGCHAMBON

24.11.2007

La dolce vita...

Il est Italien, et a profondément marqué l’histoire de son pays en obtenant des résultats inespérés. Des délégations viennent de tous les pays pour étudier ses travaux, et il a été « recruté » en France pour partager son expérience. Leonard de Vinci ? Un footballeur de la Juventus de Turin ? Non, il est ici question de M. Franco Bassanini, sénateur et ancien ministre de la fonction publique transalpine.

M. Bassanini restera en effet célèbre pour avoir eu le courage de s’attaquer, à la fin des années 1990, à la réforme de l’administration italienne, qui se trouvait dans un état de léthargie profonde. En 3 ans, il a réussi une spectaculaire modernisation de l’Etat, en proposant des changements institutionnels et administratifs sans précédent dans un pays où les conservatismes étaient pourtant puissants.

Les axes forts de cette réforme ? Il faut des politiques publiques fortes pour résoudre les problèmes de cohésion sociale. Une administration efficace est donc indispensable. Pour cela, Franco Bassanini a décidé d’appliquer au secteur public certaines méthodes inspirées du privé : productivité, flexibilité, contractualisation des rapports de travail, contrôle des performances et de la satisfaction du public.
La rémunération des fonctionnaires n'est plus décidée annuellement par la loi, mais est le fruit d'une négociation salariale avec les syndicats. Une partie des traitements des agents de l'Etat est devenue flexible, en fonction des résultats du service.
Réduction du nombre de ministères à douze, décentralisation des pouvoirs en direction des régions et multiplication des procédures de simplification ont été parallèlement instaurées pour « libérer » l’action administrative et garantir son efficacité.

Le changement, radical, a pourtant été accepté par les fonctionnaires transalpins. Avec l'accord des organisations syndicales, plus de 80 % des agents de l'Etat italien ont changé de statut pour passer sous le régime du droit privé. On n’ose à peine imaginer la levée immédiate de boucliers qui se déclencherait en France si Nicolas Sarkozy venait à faire « l’affront » de proposer aux syndicats une telle réforme, aussi salutaire que nécessaire soit-elle…
Petite précision toutefois, Franco Bassanini, cet « horrible réformateur » que l’on pourrait supposer être un néo-libéral, est bel et bien un homme de gauche, et sa réforme fut mise en œuvre sous le gouvernement de Romano Prodi… C’est bien la preuve que le courage politique n’a pas de couleur partisane, quand il le faut et surtout quand on le veut, on peut !

PJ